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mardi 10 janvier 2012

LA SUISSE RURALE PERD L’UN DE SES RENDEZ-VOUS GAY


Animer un lieu gay et lesbien au coeur d'une région périphérique, mission impossible? A Langenthal, en Haute-Argovie, l'aventure du Sonderbar a pris fin, faute de public.
«Avec quelques bénévoles, j'avais créé ce lieu dans l'espoir de créer une grande communauté autour de Langenthal.» Deux ans plus tard, Roger Ingold, déchante: ce jeune homme de 30 ans vient d'annoncer la fin du Sonderbar(«le bar pas comme les autres»), un des seuls rendez-vous réguliers LGBT dans une région rurale, rapporte le «Langenthaler Tagblatt». C'est dans un restaurant de Langenthal, la «capitale» de Haute-Argovie, à mi-chemin entre Berne et Zurich, qu'il animait des soirées conviviales, tous les derniers mardis du mois. Mais ces derniers temps, trois à quatre personnes seulement répondaient à l'appel.
«Je pense que la scène homosexuelle se réunit à présent sur internet, via les médias sociaux. J'ai entendu que les lieux gays et lesbiens ferment aussi de plus en plus dans les grandes villes comme Londres», note Roger Ingold. Pour autant, le Sonderbar n'a pas été inutile. Ne serait-ce que pour montrer qu'il existe toujours dans la région une peur de vivre son homosexualité ou d'être «outé» – une hantise surtout perceptible chez les hommes. De fait les homos de la ville de 15'000 habitants étaient peu nombreux à prendre part au rendez-vous. Les visiteurs venaient plutôt des régions voisines. En revanche, il se félicite que de nombreux hétéros aient répondu à l'appel. «Je suis toujours d'avis que nous autres gays et lesbiennes devrions nous retrouver avec eux. Se cacher n'est pas une solution», conclut-il.
LA SUISSE ROMANDE RÉSISTE
Grâce à une tradition associative plus ancrée, les régions périphériques de Suisse romande offrent encore des lieux de rencontres gay et lesbiens. C'est le cas, notamment des groupes Juragai à Delémont (organisateur de laprochaine Gay Pride) et Alpagai à Sion, qui disposent de locaux, tandis qu'à Fribourg, les soirées dansantes «strictly hétéo-friendly» Yes, we queer! s'apprêtent à fêter leurs 3 ans. 

jeudi 23 juin 2011

Schwarzenbach, l'écrivain maudite de la Suisse

Morphinomane et lesbienne : c'est ce que l'on retient hâtivement de l'écrivain photographe, poétesse et journaliste suisse Annemarie Schwarzenbach. A condition déjà de la connaître, ce qui est rare à moins d'habiter les environs de Zurich où elle est aujourd'hui une icône. Annemarie Schwarzenbach est un écrivain fulgurant à découvrir.

Née en 1908 dans une famille suisse bourgeoise pronazie, elle s'est, en réaction, rangée à gauche et tournée vers le monde. Ses reportages en Espagne, en Perse, en Russie, aux Etats-Unis, en Afghanistan et au Congo belge, dessinent le monde des années 1930, au seuil de la Seconde Guerre mondiale. Son œuvre romanesque et poétique est celle d'une femme sensible et seule à l'extrême, une lectrice du poète Hölderlin, désespérée par la condition humaine, tel que l'illustre La Vallée heureuse en 1935. Elle meurt en 1942 des suites d'un accident de vélo. Elle a 34 ans.

Les années de guerre l'engloutissent jusqu'à ce que Dominique Laure Miermont découvre l'œuvre lumineuse de cette étrange androgyne dans les années 1980. Avec sa coauteur Nicole Le Bris, elle lui consacre un livre, Annemarie Schwarzenbach, la quête du réel (coll. « Voyager Avec », éd. La Quinzaine littéraire-Louis Vuitton) qui rassemble reportages et photos inédites prises par cet iconoclaste écrivain des années 1930, marquée, comme elle le disait, par la malédiction de la fuite

http://www.20minutes.fr/article/746265/schwarzenbach-ecrivain-maudit-suisse