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lundi 6 février 2012

A Montréal, les working-girls lesbiennes ont leurs soirées réseautage

Au Québec, une centaine de lesbiennes se retrouvent chaque mois pour élargir leur réseau professionnel. Les soirées PINK28 fêtent aujourd'hui leur trois ans.


PINK28, c’est tout sauf une soirée clubbing. Ce rendez-vous mensuel montréalais, imaginé par Dina Habib, fête aujourd’hui ses trois ans. Il a pour but de favoriser les rencontres professionnelles entre lesbiennes. «A la base, on n’est pas là pour faire des rencontres amoureuses, explique Dina. PINK28 c’est pour les femmes actives, pour celles qui ne se reconnaissent pas forcément dans l’ambiance et les bars du Village (le quartier gay de Montréal, Ndlr)». Il s’agit aussi d’attirer des femmes qui, ne se reconnaissant pas dans le milieu, sont parfois un peu isolées et invisibles dans la communauté.

Et il semblerait que l'idée fasse mouche. Émilie, une participante régulière, explique par exemple que les soirées PINK28 présentent l’avantage d’attirer «un autre type de clientèle que celle que l’on croise dans les lieux homos traditionnels». C’est aussi l’occasion de découvrir certains bars et hôtels chics de la ville. Même son de cloche chez Tzveta, qui a apprécié découvrir une ambiance «différente des soirées lesbiennes trash». 

Véhiculer une autre image
Avec ces soirées, l’organisatrice voit d’ailleurs la possibilité de véhiculer une autre image de la communauté lesbienne et de valoriser les compétences de ses membres. «Pour moi, la question du modèle est importante. Il est nécessaire de montrer qu’il y a des femmes homos qui réussissent et que l’on peut occuper tous les espaces de la société comme n’importe qui d’autre.» 




Symboliquement, chaque soirée est d’ailleurs organisée à l’extérieur du quartier homo. Une décision prise par souci de discrétion. D'abord pour ne pas dissuader les participantes qui ne seraient pas out, mais aussi «pour montrer que l’on n’existe pas seulement dans les endroits homos». Chaque mois, ce sont donc une centaine de femmes, et leurs ami-e-s, qui se réunissent pour réseauter –c’est à dire pour nouer des contacts professionnels–, découvrir de nouveaux visages et échanger sur leurs activités et expériences. 

Bouche à oreille et réseaux sociaux
Le succès s’est construit très progressivement, principalement grâce au bouche à oreille et aux réseaux sociaux. Mais c’est surtout l’investissement de Dina qui a su faire la différence. «J’essaye de présenter entre elles des personnes qui pourraient s'entraider ou avoir des intérêts communs», raconte-t-elle.

En France, certaines associations et collectifs ont tenté de mettre en place de telles initiatives, avec des résultats plus mitigés. A Paris, le réseau Primanotte organise, par exemple, les soirées Paris Planet, récemment rebaptisées Drink in the city par Sandra et Isabelle. Il y a un an, les deux femmes ont repris en main le réseau Primanotte et proposent, une fois par mois, un afterwork dans un restaurant privatisé pour l'occasion. Au programme, concert privé et possibilité de manger et boire un verre sur place.
Pas prêtes à s’exposer«L’aspect ‘‘rencontre professionnelle’’, c’était à l’origine l’idée de ces soirées. Mais au final on se rend compte que ce n’est pas ce qui prime», observe Sandra. Si le lieu et l’ambiance diffèrent un peu de l’offre traditionnelle des soirées lesbiennes, l’objectif reste le même pour un grand nombre de femmes: trouver l’amour.

En France, serait-on plus frileuse dès qu’il s’agit d’affirmer la working-girl qui est en nous? C’est une hypothèse qu'évoquent Sandra et Isabelle: «Comme en France on n’est pas très ouverts, peut-être que les femmes professionnelles ne sont pas prêtes à s’exposer. Il y a une certaine pudeur, une peur d’être jugée, cataloguée. Dans notre clientèle, il y a des femmes avec de beaux postes mais elles veulent rester cacher.»



samedi 30 juillet 2011

Montréal La communauté gaie et lesbienne n'est plus confinée au Village

MONTRÉAL – Preuve d’une certaine ouverture d’esprit, la communauté LGBT (lesbienne, gaie, bisexuelle et transgenre) n’est plus confinée au Village gai de Montréal, soulignent plusieurs intervenants, qui soutiennent toutefois que le quartier n’a pas perdu sa raison d’être pour autant.
Les établissements dédiés aux gais et lesbiennes ne plus situés que dans le Village, qui s’étend entre les stations de métro Berri-UQAM et Papineau, autour de la rue Sainte-Catherine.
Il est plus aisé de s’afficher ouvertement et les petits drapeaux arc-en-ciel de la fierté gaie apparaissent dans les vitrines de nombreux commerces des quatre coins de la métropole. On en retrouve notamment sur la rue Notre-Dame, dans le quartier Saint-Henri, ou encore à l’ouest du Plateau Mont-Royal, dans le quartier Mile-End.
S’il s’agit d’une preuve certaine d’ouverture d’esprit, «le Village aura malgré tout toujours sa raison d’être», assure Éric Pineault, président des célébrations de la Fierté à Montréal.
Selon ce dernier, le quartier, qui fourmille d’activités, est toujours aussi attrayant pour la communauté LGBT.
«C’est unique au monde, un Village gai sur une artère principale, a renchéri le directeur général de la Société de développement commercial (SDC) du Village, Bernard Plante. Ailleurs, ils sont dans des coins discrets et reculés.»
«On revient toujours au Village», même si «les jeunes couples n’ont plus besoin d’y venir pour se tenir la main sans se faire lancer des pierres », a ajouté M. Plante.
«Un peu partout dans le monde, il y a eu une décentralisation des activités des communautés LGBT en dehors des villages gais», mentionne pour sa part Julie-Maude Beauchesne, du Conseil québécois des gaies et lesbiennes.
Cette dernière assure toutefois que le Village gai de Montréal est toujours aussi populaire auprès de la communauté LGBT. Même si les membres de la communauté LGBT habitent de moins en moins le Village, il s’agit d’un lieu de rencontre où ils y retrouvent services et divertissements.
Le Village est aussi un attrait touristique important que Montréal mousse considérablement à l’étranger. La métropole est d’ailleurs reconnue pour son ouverture d’esprit. D’autant plus que «la communauté gaie voyage beaucoup», précise M. Plante.
Ainsi, de nombreux touristes assisteront cette semaine au festival Divers/Cité, qui s’est ouvert lundi à Montréal. Il se terminera le 31 juillet pour laisser la place, une semaine plus tard, aux activités de la Fierté gaie. 

A Montréal, les filles font la fête à «LesboMonde»


«LesboMonde» c'est le plus gros rassemblement lesbien de l'année pour les Montréalaises. Une institution lesbienne qui célébrera samedi sa 19e édition, alors que le clubbing québécois devient de plus en plus mixte.
Entre 600 et 1.200 filles se donneront rendez-vous ce soir au théâtre Télus de Montréal pour leLesboMonde, le plus gros rassemblement lesbien de l'année. Cette soirée à l'attention des femmes est organisée par la désormais célèbre «fête gaie de Montréal», Divers/Cité. «Lesbomonde est un évènement historique et très populaire, qui existe depuis 18 ans», explique Suzanne Girard, directrice générale de Divers/Cité.


L'édition 2011 du LesboMonde accueille des artistes ayant déjà fait leurs preuves lors de l'édition précédente. Au programme: gogo danseuses, percussions du duo torontois Kish/Delish et performance de l'artiste montréalaise Sandy Duperval.
«Une oasis pour les lesbiennes»
Pour Ian Abinakle, directeur de la programmation de Divers/Cité, la spécificité de cette «oasis pour les lesbiennes» qu'est LesboMonde tient surtout à «son énergie unique. C'est une sorte de carrefour international, un point de rencontre annuel pour beaucoup de filles». Un avis partagé par Eugénie, une Montréalaise qui se réjouit de pouvoir «revoir d'anciennes connaissances et de découvrir de nouvelles têtes». C'est aussi une soirée très axée rencontres. «Quand on est célibataire, c'est le soir de l'année où la salle est remplie de touristes. Il y a du bonbon à se mettre sous les yeux», plaisante Geneviève.

Annie, une clubbeuse, estime que la soirée a d'autant plus de raison d'exister et de plaire «qu'en ce moment, la scène lesbienne de Montréal ne connaît pas ses plus grosses années. Il y a encore quelques soirées organisées mais plus de bar exclusivement lesbien». Pour l'équipe organisatrice, il ne fait aucun doute que la nightlife homo a évolué.
Un milieu en pleine mutation
Selon Suzanne Girard, la tendance est à la mixité: «pour les jeunes générations, il n'y a plus de séparation». Ian Abinakle estime, pour sa part, que la mixité est favorisée parce que les gens se réunissent en fonction de leurs goûts et pas de leur genre. «La notion de clubbing a changé avec les années. Les raisons de sortir sont différentes. Maintenant on peut faire des rencontres sur internet.»
Si l'on ne peut que se réjouir d'une telle tendance à la mixité, les spécificités du milieu lesbien n'ont peut-être pas encore joué tous leurs atouts. En témoigne le succès –;jusque-là jamais démenti;– de LesboMonde.

http://www.tetu.com/actualites/culture/a-montreal-les-filles-font-la-fete-a-lesbomonde-19896